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Est-il possible d’ignorer l’art
de Jacqueline Marval dans l’évolution de la peinture
française au début du XX° siècle ? C’est
sans contexte l’artiste qui a le plus apporté à
la jeune et turbulente génération des " fauves " et
lui a montré le chemin d’une telle hardiesse. Après
un long purgatoire, lot habituel des novateurs, son œuvre renaît
aujourd’hui parmi ses contemporains les plus illustres qui
souvent l’admirèrent et devinrent ses amis. |
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Née à Quaix, près de Grenoble, en 1866, l’aînée
d’une famille d’instituteurs de huit enfants, elle poursuit
sans conviction des études qui la destine à l’enseignement.
Elle se marie ; la douloureuse perte de son premier enfant provoque
le tournant décisif de son existence. Elle se retrouve seule,
subsistant grâce à des travaux de giletière.
Elle vient à Paris en 1895 où elle habite au numéro
9, rue Campagne-Première à Montparnasse, au cœur
d’un vivier d’artistes. Elle mène alors la dure
vie de couturière avant " d’entrer en peinture " peu
avant la fin du siècle.
Son compagnon le peintre Jules Flandrin (1871-1947) – élève
de Gustave Moreau à l'école des Beaux-Arts –
lui fait côtoyer Marquet, Matisse, Manguin, Rouault, Camoin,
Charles Guérin …
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 1901
marque sa première participation au Salon des Indépendants. |

Berthe Weill, Ambroise Vollard, puis Eugène Druet s’intéressent
à son œuvre, achètent et présentent
ses tableaux. |
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Huile sur toile, signée et datée
1901, (1 x 2 m). |
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Après l’historique (mais souvent oubliée) exposition
de février 1902, où la peinture de Matisse, Marquet,
Flandrin et Marval est présentée pour la première
fois, en un lieu privé, chez Berthe Weill, dans la petite
galerie de la rue Victor Massé, à Paris (9°),
elle débute une longue activité picturale jalonnée
de nombreuses expositions tant à Paris qu’en Europe,
aux Etats-Unis ou en Asie..
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Salon des Indépendants de 1903
Huile sur toile, signée et datée 1902-03 (1,94
x 2,30 m) |
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Matisse au Salon des Indépendants de
1903 demeure étonné et frappé
par la puissance de son grand tableau novateur * " Les
Odalisques " , aujourd’hui au Musée
des Beaux-Arts de Grenoble.
Fin août 1905, en réponse aux félicitations
qu’elle avait envoyées lors de leur récente
intronisation à la Franc-Maçonnerie, Marquet et
Manguin adressent à Marval une réponse élogieuse
sur une carte postale ainsi rédigée :
" l’hommage
du bon goût au génie " ,
signée : " les frères "…
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Huile sur toile, signée,vers
1929 (1,16 x 0,90 m)
Collection privée, Paris. |
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Propos de Matisse lors d’une visite à l’atelier
du peintre Lucien Mainssieux (1885-1958) et rapportée dans
les manuscrits de ce dernier, conservés au Musée Mainssieux
de Voiron (Isère). |
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Collection Privée.
Moscou
Huile sur toile |
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Admirative devant son art spontané,
libéré et généreux ainsi que par sa
bonté infaillible envers ses amis et de nombreux jeunes
artistes qu’elle aide sans compter, la critique
parisienne encense l’art de Marval.
De sa " belle campagne " du
19 quai Saint Michel à Paris, en compagnie de
ses prestigieux voisins, ses fenêtres grandes ouvertes sur
Notre Dame, dans son monde de rêve, elle poursuit son œuvre
avec la certitude de l’artiste.
Elle meurt dans la pauvreté à Paris le 28 mai 1932,
dans la même chambre de l’hôpital Bichat qu’un
autre magicien de l’Art Français : Paul Verlaine.
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Après la crise économique
et la seconde guerre mondiale, les galeries d’art exposent
alors les œuvres disponibles des artistes du début
du siècle encore en vie, ainsi que ceux de la nouvelle
génération.
Après la mort de Marval, sans descendance, son œuvre
est dispersée et après la fermeture de la Galerie
Druet en 1938, son empreinte s’enfonce progressivement dans
un long silence. |
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François Roussier.
Chargé du Musée Mainssieux.
Voiron, Isère.
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